Ett år i Norge !
En 2013, Pierre est parti avec YFU en Norvège !
A 17 ans (à l'époque), qu'est ce qui pousse un adolescent de ton âge à partir avec YFU ?
J'avais envie de changer d'air, l'école m'oppressait beaucoup. Je voulais en profiter pour voir de nouvelles choses, reprendre quelque chose à zéro et découvrir.
Tu as choisi la Norvège comme pays, pourquoi cela ?
Ce n'était pas mon premier choix. Je voulais partir apprendre une langue étrangère et j'avais d'abord voulu aller en Russie pour le cyrillique. Et puis en considérant les pays scandinaves j'ai remarqué que je ne savais pas la moindre chose sur eux. Je confondais encore capitale, les drapeaux et même les positions géographiques... Parfait pour repartir de la racine, j'ai donc choisi l'un d'eux, le plus à l'Ouest, la Norvège.
Quelles sont tes premières impressions à l'arrivée ?
C'était la première fois que je prenais l'avion déjà. J'étais perdu donc mon premier réflexe logique a été de suivre les panneaux. Quand on est incapable de lire ce qui est écrit, ça fait bizarre, alors on suit les indications prévu pour les étrangers, en anglais. Moi qui aime contrôler tout ce que je fais, ça m'a un peu déstabilisé. Je n'avais pas peur, juste beaucoup moins assuré que chez moi, ce qui est sain après tout et ça on s'en rend compte avec le recul.
Le principe d'YFU c'est l'immersion totale d'une part dans une famille d'accueil bénévole mais aussi à l'école. L'école en Norvège c'est comment ?
L'école en Norvège, c'est merveilleux ! J'avais l'impression qu'on ne me prenait pas pour un enfant mais vraiment comme un jeune adulte un minimum responsable. J'ai pu choisir les cours auxquels je voulais assister, j'ai pu faire de la psychologie par exemple (impensable au niveau lycée en France). Pour ce qui est des professeurs et des élèves, j'imagine que ça dépend toujours du lieu, des gens, etc... Pour moi c'était super.
Tes cours étaient en Norvégien, en anglais ?
C'était bien des cours en Norvégien et je peux vous assurer que les premiers mois sont ceux où vous dormirez le mieux, suivre un cours dans une langue étrangère et faire tout ce qu'on peut pour comprendre, ça assomme. Le soir, j'allais dormir avec plaisir.
Et ta famille d'accueil ?
Mon cas est un peu particulier, j'ai changé de famille une fois pour des raisons d'organisation. J'ai eu une famille d'arrivée qui avait signé pour les premiers mois le temps de me trouver une famille permanente. Les deux familles étaient radicalement opposées mais toutes les deux géniales. Finalement c'était incomparable. Tous des gens adorables qui ont fait tellement de choses pour moi que je leur en serai toujours reconnaissant.
Raconte nous ton pire et ton meilleur souvenir !
Le pire souvenir a été le changement de famille, forcément ça fait pas super plaisir mais ça n'a duré que quelques jours. Les gens autour de moi m'ont fait passer le coup dur. Pour ce qui est du meilleur souvenir, il y a eu tellement de belles choses que je ne saurai choisir entre le Noël au coin du feu, le road trip avec le grand père ou défiler avec l'orchestre pendant le fête nationale.
Il y a un an tu rentrais en France, qu'est ce que t'a apporté cette expérience ? Te sens tu changé ?
Je suis changé, définitivement. Avoir fait face à toute une année comme ça sans la protection de mes parents restés sagement en France m'a fait grandir. J'ai appris à faire de plus en plus de chose par moi même, je me suis plus servi de mes mains pour travailler que je ne l'avais fait les dix années précédentes ! Et je me suis intéressé à plein de chose, j'ai changé de façon de penser et je sais l'exprimer avec les mots justes et j'ai finalement produit énormément de choses que je n'aurai même pas imaginé en restant chez moi.
Tu fais partie des returnee qui ont décidé de rejoindre la famille des bénévoles YFU, qu'est ce qui t'a donné envie de la rejoindre ?
Je ne pouvais tout simplement pas revenir et laisser bouillir toute mon année dans ma tête, il fallait que je reste avec les gens qui me comprendraient parce qu'ils ont vécu la même chose et si je peux en faire profiter les jeunes qui veulent le vivre, c'est avec plaisir.
Un dernier conseil pour tes successeurs ?
Tu auras tout le temps de réfléchir sur ce qu'il se passe quand tu rentreras, alors ne t'arrêtes pas en route pour regarder derrière. Profite un maximum et quand tu reviendras en France, seulement là, tu pourras te retourner et considérer cette aventure sans risquer d'en perdre une seule miette.