Retour sur l'accueil d'Elina en 2012.
En 2012, Elina est venue passer une année dans une famille lorraine.
Pourquoi avoir décidé d'accueillir une jeune étrangère au sein de votre famille avec YFU ? Vous souvenez-vous pourquoi vous aviez choisi cette jeune fille en particulier?
Notre fille Alice avait décidé de partir en Inde avec YFU. Nous avons alors souhaité offrir à un jeune étranger la possibilité de découvrir la France, notre culture, et notre famille. Nous souhaitions une jeune fille d'un pays nordique, et avons choisi Elina, qui, comme nos propres enfants, jouait de la musique et qui connaissait déjà un peu le français pour avoir vécu quelques années en France étant enfant.
Pendant la période précédent son arrivée, avez-vous été en contact avec elle (par skype, mail) ? Quelles ont été vos premières impressions et comment avez-vous ressenti l'évolution de votre relation? Des liens se sont-ils créés rapidement?
Après un bref echange téléphonique, le 1er contact a été sur le quai de a gare, lorsque nous sommes allés la chercher. Si Elina était impressionnée, nous étions aussi un peu inquiets car nous savions qu'elle allait rester pendant une année complète chez nous. Un sourire de part et d'autre, et l'aventure a commencé. Elina s'est vite intégrée, tant chez nous qu'à l'école. Le fait qu'elle soit inscrite dans un niveau inférieur au sien a plutôt été un avantage, ca lui a permis de consacrer moins de temps au travail scolaire, et davantage à l'extra-scolaire.
Comment s'est passée son arrivée à la maison ? Y a-t-il eu des difficultés particulières ou nécessité de s'adapter pour la famille et/ou votre accueillie ?
Bien sûr, au debut, il y a eu l'obstacle de la langue, mais Elina était tout à la fois discrète et présente, et elle s'est très vite intégrée et a très vite adopté nos habitudes.
Il n'en reste pas moins que la présence d'Elina a modifié nos comportements à la maison. Malgré la fatigue de la journée, il fallait encore trouver l'énergie le soir pour discuter avec elle, afin qu'elle ne se sente pas seule et n'ait pas envie de s'isoler et regretter sa famille et son pays. Mais le plus difficile pour elle a sans doute été de se faire accepter par sa nouvelle " petite soeur" qui , contre toute attente, était jalouse et pas toujours très gentille.
Les réunions régionales avec les bénévoles... Vous pouvez nous en dire quelques mots, pour les personnes qui ne connaissent pas ce principe? Cela vous aide-t-il à mieux gérer cette expérience ?
Gwenaëlle, notre bénévole locale, a été présente, elle nous a contactés plusieurs fois pour savoir comment se passait l'intégration d'Elina. Elle organisait des activités une fois par trimestre avec tous les jeunes accueillis de l'Est, le temps d'un week end. Une occasion pour ces jeunes très différents, de comparer les expériences. Merci à elle!
Quand deux cultures se rencontrent, cela mène parfois à des étonnements d'un côté ou de l'autre... Une anecdote à nous faire partager ?
Elina nous a dit un jour qu'elle trouvait que nous parlions beaucoup, tout le temps... Alors que notre sentiment était inverse: nous avions l'impression de ne pas lui parler assez! Mais en Finlande, on peut rester des heures les uns à côté des autres sans parler, sans que cela suscite des questions. Nous ne le savions pas.
Et, depuis le passage d'Elina chez nous, nous sommes devenus plus difficiles lorsque nous recherchons un hôtel: le critère de sélection passe par le sauna ! ... Qu'elle nous a fait découvrir et apprécier.
En résumé, l'accueil pour votre famille... Une expérience plutôt positive ? Des conseils à donner aux futures familles d'accueil ?
10 mois, cela semble à premiere vue très long. Mais le temps passe vite et nous avons été tous tristes de la voir repartir. Mais nous avons gardé des contacts et il reste une réelle amitié entre Elina et nos enfants. Si elle est enrichissante , cette expérience est aussi difficile pour le jeune qui quitte longtemps sa famille et qui grandit au contact de sa famille d'accueil. Une heure sur skype avec sa famille et c'est à nouveau une nouvelle période d'adaptation qui s'ouvre. Vivre un échange croisé a en cela un gros avantage : vous vivez en parallèle avec un jeune etranger ce que votre propre enfant vit de son côté, et cela permet d'être plus compréhensif, plus indulgent. Mais la clé du succès d'un échange réside dans le dialogue, pour ne pas laisser s'installer de malentendus.